25/02/2007
GUINEE... ça avance !
dimanche 25 février 2007, 16h44
Guinée: Conté va changer de PM, les syndicats vont suspendre la grève
Par Alexandre GROSBOIS
CONAKRY (AFP) - Le président guinéen Lansana Conté a accepté dimanche de remplacer son Premier ministre contesté en choisissant son successeur parmi des candidats proposés par la société civile et les syndicats, qui ont décidé de suspendre mardi la grève générale déclenchée le 10 janvier.
"Eugène Camara n'est plus Premier ministre", a déclaré Ibrahima Fofana, le secrétaire général de l'Union nationale des travailleurs de Guinée (USTG), l'une des deux centrales syndicales à l'origine de la grève générale illimitée.
"Le président Conté a accepté un scénario de sortie de crise prévoyant la nomination d'ici le 2 mars d'un Premier ministre de consensus qui sera choisi parmi des candidats, dont trois ont été choisis par les syndicats et deux par la société civile", a-t-il ajouté.
A l'issue d'une réunion de "conciliation" convoquée par les médiateurs de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest (Cédéao), le dirigeant syndical a ensuite précisé à l'AFP que la grève serait "suspendue à partir de mardi", sans être levée, dans l'attente du choix du président Conté.
La grève a été accompagnée par une vague de contestation contre le pouvoir, sévèrement réprimée par les forces de l'ordre, qui a fait au moins 113 morts depuis janvier.
Les syndicats avaient suspendu leur mouvement fin janvier, après avoir obtenu de la part du chef de l'Etat, âgé de 72 ans et au pouvoir depuis 1984, la promesse de la nomination d'un Premier ministre de "consensus".
Mais le choix le 9 février d'Eugène Camara, jugé trop proche du président, a été suivi d'une nouvelle vague de violences et de la reprise de la grève.
Les autorités ont réagi en instaurant le 12 février l'état de siège.
Cette mesure d'exception a toutefois été levée vendredi soir, les députés, pourtant majoritairement acquis à M. Conté qui en avait demandé l'extension, ayant refusé de le proroger.
Le "scénario de sortie de crise" avalisé dimanche par les protagonistes de la crise a été élaboré sous l'égide d'une médiation dépêchée jeudi par la Cédéao, inquiète, comme les autres acteurs internationaux, de la détérioration de la situation en Guinée.
A la tête de cette mission, l'ex-chef de l'Etat nigérian Ibrahima Babangida et le président de la Commission de la Cédéao Mohamed Ibn Chambas ont rencontré tour à tour depuis jeudi le Premier ministre, les syndicats, la société civile, le patronat et les dignitaires religieux.
Samedi, ils se sont entretenus avec le président Conté, avant de convoquer pour ce dimanche une réunion de tous les acteurs, à l'exception du chef de l'Etat et de son Premier ministre contesté.
Selon Ibrahima Fofana, les médiateurs avaient un temps pensé proposer le maintien d'Eugène Camara à la tête du gouvernement. "Mais après avoir rencontré tout le monde ils ont conclu que si ce scénario était retenu la crise persisterait", a expliqué le syndicaliste.
Les noms des candidats pour le poste de Premier ministre n'ont pas été rendus publics. La société civile et les syndicats ne se sont pas concertés, et certains noms pourraient se trouver sur leurs deux listes.
Le secrétaire général de l'USTG a dressé le profil idéal du futur chef du gouvernement, un "économiste" avec des "contacts" internationaux, qui soit "neutre, compétent et ouvert sur le monde" mais sans "coloration politique".
Si une solution semble se dessiner dans ce pays pauvre d'Afrique de l'ouest à bout de souffle après un mois et demi de crise, quelques obstacles demeurent.
Les syndicalistes ont ainsi exprimé l'exigence que leurs partisans interpellés pendant la grève et l'état de siège soient libérés en début de semaine.
Quant à Lansana Conté, déjà affaibli par la maladie, son pouvoir a été vivement contesté depuis le début de la crise et sa propre majorité lui a infligé un désaveu en refusant de proroger l'état de siège.
17:32 Publié dans autre monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : guinée, afrique, démocratie
15/02/2007
GUINEE - URGENCE DÉMOCRATIE
Déjà lors du FSM la situation en Guinée s'était largement dégradée avec notamment l'arrestation de syndicalistes qui occupaient une bourse du travail. La grève se voulait défendre les droits fondamentaux des personnes et l'intégrité du régime. Car c'est ien celà l'origine du conflit une lutte contre la corruption portée par les syndicats et la société civile.
C'est clairement la démocratie et ses principes qui sont en jeu.
Des morts, état de siège, les pires schémas de la dictature sont en marche...
Les députés européens socialistes dont Alain Hutchinson, Harlem Désir, Marie Arlette Carlotti et d'autres présentent cette résolution aux voix du Parlement cette semaine à Strasbourg... à suivre.
Korine
00:15 Publié dans FSM | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : guinée, parlement européen, solidarité

