01/11/2007

La Forge...

187bce46caa5fe91098792c85e5bb735.jpegBenoit Hamon a lancé cet été, avec trois anciens compères un collectif de réflexion... 

Ils en présentent les éléments et les méthodes de travail dans un article de Témoignage Chrétien. 

L'article : La Forge - TC.pdf

La journée de lancement sera le 10 novembre prochain...

Camarade de longue date, je suis de l'aventure. Je ne manquerai pas d'en parler régulièrement ici.

 

07/05/2007

RECONSTRUIRE - INTERVIEW DE BENOIT HAMON

20Inutile de le cacher, le coup est dur et la déception immense. Ci dessous l'interview donnée à chaud au quotidien 20 mn hier soir.

Benoît Hamon, dirigeant de l’ancien courant Nouveau parti socialiste (NPS), accuse le coup et livre son analyse du scrutin…

Quel est votre sentiment à la lecture des résultats?
On ne s’attendait pas à une défaite aussi nette. C’est une grosse déception, surtout si on se retourne sur le scénario «successful» qui aurait dû être le notre. Victoire aux régionales, mouvements sociaux d’importance, crises gouvernementales, CPE… Si on ajoute Le Pen et Bayrou pour troubler le jeu, on aurait quand même dû être favori. Mais on s’est heurté aux conséquences, qu’on a peut-être sous-estimées, d’un travail très ancien de la droite sur la société française. Un combat gagné sur la dialectique, qui a imposé des définitions au peuple sur des mots tels que mérite, travail, sécurité, immigration, et qui a rendu nos réponses infructueuses.

Quel avenir désormais pour le PS?
Il faut nous inscrire dans la construction d’un grand parti de gauche avec une base électorale à 30/35%. La tâche qui est la nôtre, c’est de ne pas tomber dans l’euphorie des 47%, ni dans la déprime post-47%. Pour cela, on doit s’adresser à ceux qui font vivre la gauche, du PCF à la LCR en passant par les Verts. Il nous faut mettre de la clarté dans tout ça, dans nos débats et relancer les bases d’un grand projet de gauche.

Que pensez-vous de l’attitude de Ségolène Royal et de son discours d’après-résultat, à l’opposé de Jospin en 2002.
Jospin avait permis une chose en se retirant: il réglait de fait la question de la responsabilité de la défaite. Là, on doit se poser la question du diagnostic et se demander qu’est-ce qui justifie la défaite? On ne peut pas demander à Ségolène Royal de sortir de la campagne dès ce soir, mais le Premier secrétaire va devoir prendre ses responsabilités et rebondir tous ensemble, collectivement. Il faut se faire à l’idée que le parti pour lequel on militait n’existe plus.

Quelle stratégie adopter pour les législatives?
Il faut défendre l’idée que les Français doivent donner des contre-pouvoirs puissants pour éviter que Sarkozy puisse tomber dans les excès que l’on redoute. Sincèrement, on ne va pas chercher la grande révolution démocratique en cinq semaines. J’espère qu’il n’y aura pas de confusion avec un éventuel renversement d’alliance.

L’ouverture au centre ne vous semble pas crédible?
Si on avait gagné, on pouvait se poser la question. Dès lors qu’on a paumé… Franchement, si nos candidats doivent se traîner un débat sur les alliances avec l’UDF durant toute la campagne, on ne s’en sortira pas. Je n’imagine pas DSK vouloir faire émerger un centre fort, car il sait comme moi que le parti de Bayrou n’a comme seul objectif d’être présent au second tour en 2012 face à Sarkozy. On va quand même pas lui donner un coup de pouce pour ça…

Propos recueillis par Stéphane ALLIES

28/04/2007

Henri EMMANUELLI, député des Landes, veut créer un « grand parti progressiste », antilibéral et réformiste, au lendemain du second tour

medium_henri.gifNotes personnelles du député - le 28 avril 2007

Très discret depuis le début de la campagne du second tour, Henri Emmanuelli est sorti de sa réserve, hier soir à Morcenx (Landes), lors d’un meeting unitaire de la gauche « pour la victoire de Ségolène Royal ». Le député socialiste des Landes a appelé de ses voeux la constitution d’un « grand parti progressiste » au lendemain de la présidentielle. Quelques heures avant son discours, l’ancien premier secrétaire du Parti socialiste nous a reçus dans son bureau du Conseil général des Landes pour expliquer sa position.

Pourquoi appeler entre les deux tours à la création d’un grand parti progressiste ?
Henri Emmanuelli. Je pense que Ségolène Royal a raison de dire qu’il faut bouger. Je me félicite que la candidate socialiste ait réalisé un bon score au premier tour en bénéficiant notamment du vote utile, mais en même temps je regrette la faiblesse du reste de la gauche. Je considère que nous sommes arrivés au bout d’un cycle, entamé avec le congrès d’Epinay. Il est donc temps de bouger et de créer un grand parti progressiste, qui permette de référencer à nouveau la gauche. Un parti de rassemblement, ouvert à toutes celles et ceux qui défendent des valeurs de progrès et de solidarité. La base militante existe.

Quelles doivent être, selon vous, les valeurs défendues par ce nouveau parti ?
J’en vois trois essentielles : la laïcité, la régulation politique de l’économie de marché et la redistribution. Il faudra aussi apporter une réponse progressiste au problème de l’immigration.

Il s’agit donc d’un parti plus antilibéral que réformiste...

Cette opposition entre antilibéraux et réformistes n’a aucun sens. Réformistes, les socialistes le sont depuis toujours. Je suis évidemment favorable à l’économie de marché. Mais je crois nécessaire de la soumettre à des règles sociales, fiscales et à l’action publique. La question du socialisme et de l’économie de marché a été tranchée très exactement le 23 mars 1983, à 11 heures du matin. C’était un vendredi. Et ce jour-là, le Conseil des ministres a adopté le plan Delors pour que la France reste dans le serpent monétaire européen. Cela dit, la libre compétition n’a jamais garanti naturellement un optimum économique et social. Elle ne favorise pas la redistribution. Je suis donc réformiste et antilibéral, et j’assume les deux.

Qui peut conduire la création de ce parti progressiste que vous appelez de vos voeux et dans quel délai ?

Si Ségolène Royal est élue, ce que je souhaite, il lui reviendra de créer ce grand parti progressiste. Dans le cas contraire, ce sera à la direction du Parti socialiste de prendre l’initiative. Le principe devra à mon avis être acté avant les législatives.

En attendant, Ségolène Royal tend la main à l’UDF...
Il est normal qu’une candidate au second tour multiplie les efforts pour rassembler un maximum d’électeurs. Mais je ne pense pas qu’une campagne doive être assortie de tractations sur la composition du gouvernement ou le choix du Premier ministre. Comme je ne crois pas à un mixage de la gauche et de la droite. Ma conviction profonde est qu’une démocratie doit vivre normalement et sainement avec un camp progressiste et un camp conservateur.