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23/06/2008
Le Non Irlandais, et maintenant ?
Ce non me laisse perplexe. Moi aussi j'ai voté NON en 2005. Résolument attachée à la construction européenne, je n'arrivais pas à
me résigner à une Europe aussi libérale.
Nous avions une présidentielle en vue et la Présidence française pour rectifier le tir. Et hop ! Sarko gagne et pas de nouveau traité qui donne du souffle à l'Europe. Juste de quoi aménager des procédures institutionnelles !
Difficile de comprendre que la construction européenne achoppe sur l'Europe politique et par le truchement du vote des citoyens...
Difficile d'envisager que ceux qui ont bénéficier de la solidarité collective aujourd'hui rejette un cadre de solidarité par peur de nouveaux droits, celui de l'avortement notamment.
Alors plus que jamais l'Europe doit se réconcilier avec les citoyens mais pas aux dépends des libertés, des droits et au profit du marché... Comment avancer, vaste question...
Alors au travers des différentes notes la réflexion va se construire pour ma part. Certains demandes l'élection d'un Président par l'ensemble des citoyens, mais cela ne fait pas un projet. Mais un projet sans leadership on voit où ça mène !
Donner au Parlement européen un rôle d'assemblée constituante... j'hésite ils sont tout de même capable de voter majoritairement pour la directive de la honte, alors au Parlement tout devient possible et surtout le pire !
Contribution au débat, une tribune de Yannick Vaugrenard dans Ouest France :Vaugrenard-europe.pdf
20:30 Publié dans Europe 2009 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Europe, traité de Lisbonne, NON Irlandais
Commentaires
Contribution au débat, il y a aussi ton blog Corinne !! Tu vas voir, on va finir par y faire venir tout le Gotha européiste ! "Ouiiste" et "noniste" d'ailleurs.
Car moi je fais deux constats.
1) Dans l'ensemble des gens qui se sont exprimé contre le traité constitutionnel ou de Lisbonne, lorsqu'il a été soumis à référendum (Espagne, France, Pays-Bas, Irlande), ou qui ont seulement fait valoir leur point de vue dans les autres Etats, il ne faut hélas pas croire que les citoyens "résolument attaché(s) à la construction européenne" comme tu l'es, et comme je le suis, soient majoritaires. Malheureusement, la part la plus importante des électeurs qui ont voté "Non" au Traité Constitutionnel ou de Lisbonne l'ont fait sur des motivations simplement nationalistes, parfois populistes (anti-élites, anti-technocratie...), et quelquefois réactionnaires (contre le droit à l'avortement en Irlande). Le "Parti de l'Europe" est très minoritaire dans l'ensemble du vote "Non".
2) Cela signifie qu'il faut "regrouper les troupes", et recoller les morceaux que les référendums ont désagrégé. C'EST UN DES PLUS FORTS MERITES DE LA MOTION "RECONQUETES" AU SEIN DU PS : elle dépasse délibérément ce clivage mortifère entre les "Ouiistes" et les "Nonistes" d'hier, pour aller, ensemble, de l'avant, ce qui est aussi l'une de ses spécificités par rapport à toutes les autres motions.
Il faut aujourd'hui reconnaître que les forces politiques qui se sont rassemblées autour du "Non" n'ont pas trouvé de débouché politique concluant, alors même qu'il y a en leur sein des européistes convaincus, comme tu l'es. Il faut aussi reconnaître que les partisans, serait-ce de raison, des traités constitutionnel et de Lisbonne, comme je le suis, ne sont pas parvenus à créer une dynamique suffisante pour emporter l'adhésion démocratique.
Ce double échec conduit aujourd'hui à un marasme européen qui, si l'on y réfléchit bien, date de la première présidence Chirac (1995), puisqu'aucune initiative européenne concluante n'a depuis abouti. En même temps, le paysage européen s'est depuis passablement complexifié : nous étions alors 15, nous sommes aujourd'hui 27, nous serons peut-être 40 à terme. L'élargissement s'était alors fait entre des pays de niveau de développements comparables, nous nous sommes ouverts en 2004 à des pays qui sortaient de 40 ans de "rideau de fer", et nous avons devant nous, à terme, l'intégration des pays les plus pauvres d'Europe : ceux des Balkans, peut-être l'Ukraine et la Biélorussie, très sûrement la Turquie. Ce sont des enjeux de civilisation.
Faut-il conclure que seul le marché puisse désormais réguler ce vaste espace, ces millions de vies d'hommes et de femmes ? Je crois résolument que non, parce que le marché par essence, ne sait que niveler par le bas, s'aligner sur le moins-disant. Cela aura peut-être été la force des nonistes pro-européens : rendre désormais inconcevable de "faire l'Europe" sans avancer EN MEME TEMPS en matière sociale. Les outils, je ne les connais pas plus que toi, mais au moins la perspective existe que les pro-européens travaillent désormais ensemble, plutôt que les uns contre les autres, en offrant sur un plateau la victoire aux nationalistes et aux libéraux.
Je conclue par un article au Monde de Védrine, qui donnait un point de vue intéressant sur les enjeux désormais de la construction européenne : http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/06/19/l-europe-apres-le-non-irlandais-par-hubert-vedrine_1060341_3232.html. Non pas que je lui donne raison sur tout, mais il fixe tout du moins quelques lignes d'horizon.
A bientôt donc de te lire, et je l'espère d'agir ensemble pour l'Europe.
Ecrit par : Thierry Seveyrat | 24/06/2008
Le lien exactement pour l'article : http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/06/19/l-europe-apres-le-non-irlandais-par-hubert-vedrine_1060341_3232.html
Sans point à la fin, sans quoi l'adresse est évidemment vrillée...
Ecrit par : Thierry Seveyrat | 24/06/2008

