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02/09/2007
LA ROCHELLE / Socialisme et marché
J'ai voulu ici évoquer un atelier qui m'a marqué et intéressé... Loin des images d'Épinal, des socialistes collectivistes et illuminés.
Des contributions d'économistes, des réactions...
Les premières bribes du compte rendu à aller consulter dans son intégralité : http://rochelle2007.parti-socialiste.fr/
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COMPTE-RENDU - Atelier n° 4 : le socialisme et le marché
Pierre Alain Muet : marché ennemi du socialisme, socialisme ennemi du marché ?
En tant qu’économiste, je réponds non ! Notre niveau de développement est obtenu par diverses actions dont les luttes syndicales qui ont permis de transformer le marché et de l’adapter. La baisse de la consommation et la part croissante du marché financier a produit une économie libérale. Lors de la chute du mur, l’économie administrée s’est transformée en une économie de type mafieuse du fait de la non régulation nécessaire qui doit accompagner l’économie de marché. Ce qui caractérise le développement économique c’est ce qui se situe en dehors (secteur non-marchand) comme l’éducation, la santé, la recherche… c’est donc une économie mixte, régulée qui permet un développement « harmonieux et accepté » pour tous. Le libéralisme économique ne produit pas spontanément les équilibres souhaités. Il y a nécessité donc pour corriger ces dérives d’une démarche collective et publique, seule capable d’apporter les corrections nécessaires et utiles, car le marche ne se régule pas par lui-même.
Durant la période des « trente glorieuses », nous nous trouvions dans une situation de capitalisme impulsé par une volonté et une action publique de grande envergure pour des raisons de reconstruction et une volonté de construire des systèmes de solidarité qui ont permit à tous de bénéficier des fruits de la croissance (plein emploi, santé, éducation). Le marché interne suffisait pour apporter les garanties et les outils nécessaires. Appliquer de telles mesures au niveau international pose de nombreuses difficultés : faire concorder des intérêts à une telle échelle s’avère complexe voire impossible. La transition de l’économie nationale à l’économie mondialisée a fait voler en éclats les mécanismes de régulation. De la sorte les politiques de stimulation de la demande, moteur de l’économie nationale, ont eu tendance à s’effondrer dans le contexte mondial et ainsi de nouvelles disparités sont apparues à l’échelle de la planète. Les entreprises préférant à la stimulation de la demande la compétitivité par les coûts. Ainsi la mondialisation a engendré des vocations à l’expansionnisme et à une compétitivité sauvage. C’est la période durant laquelle les pays, notamment européens, ont connu une montée du chômage qui a déstructuré tous les mécanismes de solidarité qui atténuaient les excès du marché.
L’union monétaire au sein de l’UE a tout de même permis de répondre en partie à ces nouveaux défis, car elle supprimait certaines entraves aux politiques économiques nationales en évitant les crises monétaires et en appliquant des politiques de rigueur. La suppression de la spéculation monétaire permit ainsi de mettre en œuvre des politiques économiques autonomes. Par exemple durant la législature 1997-2002, le gouvernement de Lionel Jospin a connu une croissance soutenue de 3%, supérieure à la croissance européenne et a créé 2 millions d’emplois. L’union monétaire favorise donc les politiques économiques autonomes dynamiques créatrices de richesses.
Le second problème majeur de la mondialisation :
- Le modèle de croissance n’est plus adapté face au réchauffement climatique ;
- L’économie mondialisée induit de nouvelles inégalités et de la pauvreté.
L’activité humaine telle qu’on la connaît engendre des consommations massives d’énergie et détruit les stocks à notre disposition mais surtout a un impact massif et négatif que l’on commence à mesurer. Il nous faut donc modifier considérablement nos modes de consommation notamment d’énergie.
Comment aller vers un modèle de développement durable : les cycles de développement fonctionnent généralement en mode fermé sauf l’économie. Ainsi les prix des biens ne reflètent pas les coûts véritables des biens et n’intègrent pas les coûts pour l’humanité. Il nous faut donc être plus ambitieux et volontaires, ce qui pourrait se traduire par des taxations nouvelles et des réglementations plus strictes. Il nous faut également changer complètement notre conception du progrès technique, car si nous continuons à avoir une vision linéaire de la croissance (la consommation a été multipliée par 20 en 30 ans tout en travaillant 2 fois moins) nous allons droit dans le mur. Nous ne pouvons appliquer cette approche à la gestion de l’environnement.
Le second point est la production de nouvelles inégalités, les pays riches croissent plus vite que les pays pauvres et accroissent celles-ci. Au niveau de la nation, ces disparités sont moindres et moins visibles car il existe des mécanismes de solidarité qui les corrigent. Il en est de même au niveau européen. Quand l’Espagne, le Portugal, l’Irlande… sont entrées dans l’UE des politiques de solidarité comme les fonds structurels ont facilité l’accès au développement de ces pays en prélevant une faible partie du PIB des pays riches reversé à ces pays.
Ainsi l’intervention publique a régulé le marché et a donc atténué les inégalités qui auraient dû se créer entre les pays de l’UE. La solidarité produit de la justice sociale et de l’efficacité économique.
Depuis les cinq dernières années, les différents gouvernements de droite ont par leur politique produit chômage, déficit, inégalité et explosion de la dette. Ces politiques conservatrices consistant à donner aux riches pour aider les pauvres a produit les effets que l’on connaît. Les politiques de « Reagan-Tatcher » ont montré leur inefficacité. Sarkozy en digne héritier reproduit la même politique. Le cynisme du paquet fiscal, mesure phare, ne répondra pas aux défis qui se présentent à la France. 25 millions d’euros pour le revenu de solidarité active 15 milliards de cadeaux fiscaux. S’y ajoute les inégalités de naissance (droit de succession) qui dénaturent la notion de revenu la découplant de la notion de mérite.
Il nous faut au contraire promouvoir le travail bien rémunéré et qualifié, mettre les moyens dans la recherche, sécuriser les parcours professionnels, investir dans l’éducation.
Il faut réguler le marché pour contrer l’insécurité économique et les dégâts écologiques. Pour ce faire nous devons faire le bilan des politiques dans les pays socio-démocrates, aux USA sous Clinton et la période Blair pour en tirer les enseignements utiles.
L’efficacité économique est aussi de gauche.
Liem Hoang Ngoc : le message de la droite relayé par les médias cherche à discréditer les positions de la gauche et à instiller de faux-débats.
Le PS « défendrait l’économie planifiée » : cela vise à occulter le fait qu’il y a de la planification dans le capitalisme et du capitalisme dans le « social ». L’exemple des entreprises américaines en devient caricatural car il est acquis que la marche économique de ces entreprises est très planifiée et organisée. A contrario on peut dire que les entreprises sous l’ère soviétique (notamment en ex-Yougoslavie) furent administrées de façon ultra-libérale. La planification et le marché ne sont en fait que des outils de régulation.
En théorie le marché doit organiser une concurrence libre et non faussée, or la concurrence est monopolistique et il existe une « administration » des prix.
Charles Pasqua, en fin politique, a eu cette belle formule à ce propos : « à qui profite le crime ! ».
Durant les 30 glorieuses, « des compromis » ont été trouvés, sur la « sécurité sociale », le droit du travail, la santé… aujoud’hui nous sommes dans une logique de « rente financière », d’un capitalisme financier… ce qui bat en brèche toute la logique d’équilibre que nous avions trouvé.
Alors qu’est-ce que le socialisme ? c’est la maîtrise de son destin par le peuple et pour le peuple.
La « bonne droite » serait pour la croissance, la gauche pour la redistribution, sous-entendu le gaspillage. Or il est indéniable que les politiques menées par la droite ont montré l’inefficience de la redistribution fiscale. Il est indéniable que sous le gouvernement Jospin il y a eu augmentation de l’emploi et une baisse du déficit… la consommation fut le moteur de la croissance mais aussi de l’investissement. S’il existe un problème de l’offre c’est qu’il y a un problème du marché du travail et de l’épargne !
Les marges produites par les entreprises, le taux très élevé de l’épargne devraient ou auraient dû conduire à un fort taux d’investissement, or ce n’est pas le cas. Les entreprises sont dans une logique financière en partie dû à l’implication dans leur gestion des fonds de pension, qui n’ont qu’une vision de court terme. Ceci induit une absence de politique industrielle et d’objectifs à long terme.
C’est à ce niveau que l’état par son volontarisme et son ambition doit intervenir et agir. Nous connaissons un fort taux d’épargne qui devrait favoriser l’investissement, mais la politique économique et fiscale des gouvernements successifs de droite gaspille ces ressources.
Face à ces impasses que nous proposent la droite, la gauche et le PS en particulier est en capacité de proposer des réformes susceptibles de proposer des alternatives aux projets de la droite tels que la TVA sociale. Nous devrons faire face à la hausse des dépenses sociales, nous devrons trouver les moyens de les financer. La droite nous propose d’augmenter la TVA, nous nous proposons de réformer l’imposition du revenu ainsi que la CSG.
Outre cette proposition, nous avons « dans les cartons » bien d’autres pistes de réformes économiques pour maîtriser le marché…
19:30 Publié dans La gauche demain ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : socialisme et marché

