« 2007-07 | Page d'accueil | 2007-09 »
27/08/2007
L’Afrique de Nicolas Sarkozy
par Achille Mbembe
En auraient-ils eu l’opportunité, la majorité des Africains francophones aurait sans doute voté contre Nicolas Sarkozy lors des dernières élections présidentielles françaises.
Ce n’est pas que son concurrent d’alors, et encore moins le parti socialiste, aient quoi que ce soit de convaincant à dire au sujet de l’Afrique, ou que leurs pratiques passées témoignent de quelque volonté que ce soit de refonte radicale des relations entre la France et ses ex-colonies. Le nouveau président français aurait tout simplement payé cher son traitement de l’immigration lorsqu’il était le ministre de l’intérieur de Jacques Chirac, sa collusion supposée avec l’extrême droite raciste et son rôle dans le déclenchement des émeutes de 2005 dans les banlieues de France.
Du viol par le langage
Pour sa première tournée en Afrique au sud du Sahara, il a donc atterri à Dakar précédé d’une très mauvaise réputation - celle d’un homme politique agité et dangereux, cynique et brutal, assoiffé de pouvoir, qui n’écoute point, dit tout et le double de tout, ne lésine pas sur les moyens et n’a, à l’égard de l’Afrique et des Africains, que condescendance et mépris.
Mais ce n’était pas tout. Beaucoup étaient également prêts à l’écouter, intrigués sinon par l’intelligence politicienne, du moins la redoutable efficacité avec laquelle il gère sa victoire depuis son élection. Surpris par la nomination d’une Rachida Dati ou d’une Rama Yade au gouvernement (même si à l’époque coloniale il y avait plus de ministres d’origine africaine dans les cabinets de la république et les assemblées qu’aujourd’hui), ils voulaient savoir si, derrière la manœuvre, se profilait quelque grand dessein – une véritable reconnaissance, par la France, du caractère multiracial et cosmopolite de sa société.
Il était donc attendu. Dire qu’il a déçu est une litote. Certes, le cartel des satrapes (d’Omar Bongo, Paul Biya et Sassou Nguesso à Idris Déby, Eyadéma Fils et les autres) se félicite de ce qui apparaît clairement comme le choix de la continuité dans la gestion de la « Françafrique » - ce système de corruption réciproque qui, depuis la fin de l’occupation coloniale, lie la France à ses affidés africains.
Mais si l’on en juge par les réactions enregistrées ici et là, les éditoriaux, les courriers dans la presse, les interventions sur les chaînes de radios privées et les débats électroniques, une très grande partie de l’Afrique francophone – à commencer par la jeunesse à laquelle il s’est adressé – a trouvé ses propos sinon franchement choquants, du moins parfaitement invraisemblables. Et pour cause. Dans tous les rapports où l’une des parties n’est pas assez libre ni égale, le viol souvent commence par le langage – un langage qui, sous prétexte de n’exposer que les convictions intimes de celui qui les profère, s’exempte de tout, refuse d’exposer ses raisons et s’auto-immunise tout en faisant porter tout le poids de la violence au plus faible.
16:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Afrique, Sarkozy, Francafric
17/08/2007
Bricolage et réflexion de peintre.
L'été il est grand temps de refaire la peinture de l'appartement. Engagement sans faille dans le bricolage !
Quelques réflexions animent néanmoins la peinture. Le passage du rouleau et le maniement de la brosse inspire les réflexions de fond c'est bien connu... Et bien voilà tout est là, la peinture monocouche garantie sur facture, les pinces.
A l'attaque !
Et au fur et à mesure le constat arrive... la peinture c'est un peu comme la rénovation au PS en fait. Il est obligatoire d'un mettre plusieurs couches pour que la couleur prenne sa vraie teinte.
Plus de 5 ans maintenant, depuis le congrès de Dijon que nous avons sur les thématiques de la rénovation... toujours minoritaires, bien sur. il est vrai que la rénovation et le renouvellement ne charmaient pas vraiment les tenants de l'organisation. Alors quand les tenants de l'organisation prônent aujourd'hui la rénovation, comme l'alpha et l'oméga de la construction de la gauche cela fait sourire.
Bien entendu que cela est important, essentiel même. mais c'est loin d'être suffisant, car les méthodes participatives, l'âge du capitaine, son sexe, sa couleur pour être provocante ne donne pas de sens à l'action politique ni même de contenu.
Quel projet opposer à la vision libérale de Nicolas Sarkozy. Un projet global, pas une série de mesures, réformes ou autres dispositifs. Il s'agit bien d'offrir un dessein, un sens à l'action...
Tel est notre enjeu de socialiste et c'est bien cela que doivent nous permettre de faire les prochains mois. Est-ce lent ? Le temps est nécessaire pour maturer, produire et proposer un projet global qui ne soit pas la simple reprise des discours antérieurs !
C'est un peu, comme dans l'empressement, on s'engageait à peindre un mur sale et bourré de trous !
Le bricolage c'est connu ça aide à réfléchir !
13:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11/08/2007
REPONSE D'IBRAHIMA THIOUB A NICOLAS SARKOZY
Ibrahima Thioub, Professeur d’Histoire à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, répond au discours que le Président de la République française y a prononcé le 26 juillet 2007.
à Monsieur Nicolas Sarkozy
Président de la République française
Le 26 août 1958, à la place Protêt devenue depuis Place de l’Indépendance, un de vos prédécesseurs, le Général Charles de Gaulle, apostrophait la jeunesse africaine de l’Empire français en des termes restés mémorables. Le 26 juillet 2007, dans l’enceinte de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, vous avez interpellé la jeunesse africaine sur les questions majeures de l’avenir de l’Afrique subsaharienne et de ses rapports avec la France. Nous aurions pu sourire de cette répétition de l’histoire, en pensant à la remarque de Karl Marx à Hegel dont vous reprenez presque mot pour mot le poncif sur l’immobilisme de l’Afrique. Nous avons au contraire pris le parti de vous adresser la présente lettre, conscient que ce qui s’exprime réellement dans vos propos concerne le devenir de millions d’hommes et de femmes, d’Afrique et d’Europe.
Vous venez d’être élu Président de la République française. Vous avez placé votre campagne électorale et votre mandat sous le signe de la rupture. Nous autres universitaires africains voudrions aussi voir la France rompre avec certaines visions et pratiques ancrées dans ses relations avec l’Afrique. Monsieur le Président, la France a beaucoup fait en Afrique. Lors de votre visite, nombre de vos interlocuteurs vous ont certainement rappelé au bon souvenir de cette longue et active présence française. Ils vous ont certainement rappelé que l’histoire de votre pays démontre à souhait sa revendication d’être la patrie des droits de l’Homme. Nous savons que cette revendication ne relève pas de la rhétorique, mais d’une pratique pluriséculaire qui l’a vu accueillir des millions d’hommes et de femmes opprimés ou persécutés à qui il a offert l’opportunité de rebâtir une vie de dignité. Ce que vos interlocuteurs africains ne vous ont certainement pas dit c’est qu’en vous recevant en hôte, on ne vous dit que ce qui a été fait de et en bien. Sachant ce qu’est une tradition, je me permets Monsieur le Président, puisque vous le voulez aussi pour la France, d’opérer une rupture circonstancielle de temps avec cette tradition.
Voici trois siècles, Lille ne l’avait pas encore fait, Saint-Louis du Sénégal entamait sa carrière de ville française. Au cours de ces longues années, les assertions civilisatrices se sont rapidement écroulées, bousculées par un régime d’exception imposant ses règles à des peuples qui ne lui trouvaient aucune légitimité. Aussi, les indépendances acquises, au lendemain de la deuxième guerre mondiale et suite aux leçons apprises des guerres d’Indochine et d’Algérie, furent-elles, pour la métropole d’alors, un double soulagement, financier d’une part et moral de l’autre. Malheureusement, les accords de coopération signés avec les États issus de la décolonisation ne favorisèrent pas le décollage rêvé par l’Afrique des années 1960. Personne ne peut de bonne foi contester que nombre des régimes issus des indépendances ont été faits et défaits secrètement par les services français ou ouvertement par des interventions militaires. Suivant les intérêts de groupes bien identifiables, l’Etat français a souvent porté à bout de bras des régimes autoritaires et liberticides ou écrasé des États dont le grand tort a parfois été de vouloir un peu plus de dignité pour l’Afrique et les Africains.
Monsieur le Président, nous n’avons pas la naïveté de croire que votre découverte d’une mentalité africaine pigmentaire, mystique, religieuse, sensible, relève simplement d’un déficit de culture historique. Vous avez en partie raison, mais en partie seulement, quand vous dites que : « le problème de l’Afrique, c’est qu’elle est devenue un mythe que chacun reconstruit pour les besoins de sa cause ». Le discours qui drape l’Afrique dans les mythes de l’enfance du monde est au service d’intérêts qui eux n’ont rien de mythique. Au demeurant, il avait déjà servi à légitimer les conquêtes coloniales du XIXe siècle et depuis des décennies, nombreux sont les régimes politiques africains et leurs élites gouvernantes, du politique à l’académique, qui ont manipulé cette lecture nativiste de l’Afrique pour légitimer la brutalité de leur pouvoir soutenu par des réseaux qui ne s’embarrassent pas de la couleur de peau ou de la nationalité. Votre discours à la jeunesse africaine s’inscrit en droite ligne dans cette vision française de l’Afrique qui engendre l’échec des politiques de coopération élaborées par des décideurs publics qui très souvent ne daignent pas prendre en compte les avancées de la recherche en sciences sociales.
pour lire la suite... Réponse à Nicolas sarkozy Ibrahima Thioub.pdf
11:37 Publié dans autre monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Afrique, Ibrahima Thioub, Francafric
07/08/2007
Une contribution de Frédéric Faravel...
Ces quatre changements ont totalement bouleversé le rapport de force entre le Capital et le Travail et contraint l’Occident, entreprises et salariés, à des révisions déchirantes. La gauche est, dans ces conditions, à réinventer. Les gauches sont plus nécessaires que jamais pour amortir la violence sociale de ces chocs mais c’est tout leur logiciel qui est à changer.
Une nouvelle synthèse à Droite :
Lors de la campagne électorale, nous avons assisté à un zapping politique dans lequel la Gauche n'a pas su présenter un projet de société face à deux dangers majeurs, le nationalisme xénophobe de Le Pen et Villiers, un projet réactionnaire et ultra-libéral du candidat Sarkozy qu'il n'est plus possible de qualifier de républicain tant il a déconstruit les valeurs républicaines de Liberté, d'Egalité et de Fraternité.
À titre d'exemple, la proposition de M. Sarkozy d'instaurer un « ministère de l'immigration et de l'identité nationale » renoue avec une tentation politique plus contemporaine, qui avait saisi la droite dès 1984. La nouvelle antienne du candidat Sarkozy fut habilement choisie : elle pointe les divisions de la gauche sur la question de l'assimilation, l'approbation majoritaire du lien entre immigration et identité nationale inclut probablement des électeurs issus de l'immigration, soucieux de refermer la porte derrière eux. Les enfants de ceux-là mêmes qui, récemment encore, étaient déclarés "inassimilables".
Il faut donc être « fier d'être Français ». Rien à voir censément avec Reagan et Bush, qui ont conquis le pouvoir en leur temps avec l'art et la bannière nationalistes ? Parallèle saisissant pourtant, puisque ces deux présidents réussirent à incarner la défense du petit peuple contre les élites, alors qu'ils étaient les candidats du patronat le plus puissant. Ils sont parvenus à profiter du sentiment patriotique, du ressentiment fiscal, et de l'exaspération des « travailleurs » contre les chômeurs.
On pourrait reprendre au regard des trois valeurs de la devise républicaine en quoi Sarkozy déforme le projet républicain. Bouclier fiscal, réduction des effectifs du service public, réduction du périmètre des services publics, contraintes sur le droit de grève, légalisation du travail au noir par les heures supplémentaires, nouvelle loi sur l'immigration, caractère génétique des souffrances psychiques, etc. Tout ceci contribue à la plus grave rupture dans l'histoire idéologique de la Droite française depuis la Libération.
La défaite culturelle à Gauche :
La défaite du 6 mai est pour toute la Gauche sans appel. Ce n'est pas une victoire d'accéder au 2nd tour de la présidentielle. Il ne s'agissait pas non plus de déterminer qui détiendrait le leadership à gauche entre "radicaux" et "réformistes", la seule victoire eût été une nouvelle présidence de gauche. Au 1er tour, les électeurs de gauche ont cherché avant tout à empêcher l'élimination de la gauche quelques soient leurs sensibilités, au 2nd tour ils ont essayé d'empêcher Nicolas Sarkozy de devenir président de la République.
Cette défaite politique majeure s'inscrivait il est vrai dès le premier tour de scrutin le 22 avril : le score de la candidate socialiste ne doit son caractère élevé qu'à un vote massif des électeurs communistes, verts, altermondialistes et d'extrême gauche en sa faveur motivé par la crainte d'une absence de la gauche au second tour ; c'est donc un vote fondé en partie sur la peur et non totalement sur l'adhésion. François Bayrou doit son score au ralliement d'électeurs socialistes, c'est un déportement de l'électorat vers la droite, s'expliquant par le fléchissement des valeurs culturelles de la gauche dans la société. Nous avons l'obligation impérieuse de faire le bilan de ce qui ont été 5 années de travail idéologique et culturel de la droite, sans tirer la leçon hâtive que la société ce serait droitisée. Interrogeons-nous sur ce que nous n'avons pas été capables d'expliquer et pourquoi notre message ne passe plus, pourquoi les travailleurs en viennent à confondre leurs intérêts directs et ceux de leurs employeurs.
Le nouveau modèle de leadership que Ségolène Royal a voulu proposer, la démocratie participative censée valoriser la proximité, est assez peu mis en avant par les électeurs ne se convaincant pas totalement de sa pertinence. Dans le contexte socio-économique actuel, marqué par une certaine prise de conscience de la réduction des marges de manœuvre, à l’inverse d’un Sarkozy, dont l’électorat s’approprie (voire répète comme une litanie) les slogans ou autres phrases clés, l’électorat de Ségolène Royal restitue difficilement les grands axes de son programme.
Pour les soutiens de Mme Royal, ce serait une victoire d'avoir imposé ses thèmes à la gauche, qui auraient dû correspondre aux attentes véritables des Français. Les trois thèmes porteurs de sa campagne - Travail, refus de l'assistanat, ordre juste - auraient été critiqués injustement par les socialistes ! Il semble que Sarkozy ait été plus convaincant sur ces thèmes ce qu'elle a concédé. Mais qui a fait campagne sur les principales préoccupations des électeurs dans cette élection, logement, emploi, pouvoir d'achat, mécanismes de solidarité, éducation, retraites ? Tous, thèmes favorables aux positions de la gauche… Les électeurs valorisent dans leur motivation électorale l’attachement aux valeurs de la gauche ou la place accordée à l’éducation. Ils mettent en avant le parcours d’une femme tenace. Mais si elle était créditée d’une capacité d’écoute et de proximité, Mme Royal inquiétait par ses hésitations, son manque d’assurance.
La Gauche n'arrive plus à définir un dépassement non totalitaire et non collectiviste du capitalisme. Les différentes composantes de la Gauche, quand elles prétendent vouloir accéder ou participer au pouvoir, se bornent à dénoncer les méfaits de la doctrine économique libérale, mais continuent pourtant à y rechercher les solutions pratiques. Ainsi la Gauche toute entière est en échec et doit prendre le temps de reformuler ses options pour ne pas désespérer ceux qui continuent à la suivre.
La crise des Partis :
Pour éclairer ses choix, le citoyens ne doit pas simplement être en mesure de comprendre le monde qui l'entoure, il doit inscrire sa réflexion dans un cadre de référence idéologique, à un projet de société. C'était la fonction des partis. Mais de plus en plus confinés à un rôle de sélection des candidats, ils ont perdu une part de leur mission de construction de projets d'avenir à partir de repères idéologiques identifiés.
Les militants d'origine populaire se font rares, ce qui s'explique aussi par la généralisation, au sein du PS, d'une "culture du débat". Or cette "intellectualisation" favoriserait la relégation des militants les plus modestes. Le monde et la politique se complexifient mais le PS n'a mis en place aucune structure de formation adaptée à son public populaire ou moyen ; parallèlement, le légitimisme atteint une forte proportion des débatteurs et technocrates de section, ce qui permet de s'interroger sur la profondeur d'un certain nombre de débats tenus dans le PS.
Ce sont les pratiques les plus ordinaires du militantisme qui sont dévalorisées. Étonnamment, le PS semble tolérer ou encourager un militantisme distancié. La conséquence est que la dimension cynique des comportements prend une place prépondérante dans le parti. La concurrence touche toute la communauté militante, la "lutte pour les places" y est peu déniée. Malgré cela, le PS, et la gauche, rencontre les plus grandes difficultés à se renouveler, à renouveler ses candidats, à rajeunir ses cadres, à s'identifier à la population dont on brigue les suffrages. Les candidatures de jeunes militants sont découragées, la parité est régulièrement utilisée pour écarter les jeunes hommes ou les jeunes femmes qui pourraient gêner. Qui n'a pas vu que ceux, qui sont venus expliquer sur les plateaux des télévisions et des radios en 1995 et 2002 les raisons de nos défaites et leurs propositions pour la rénovation de la gauche, étaient à nouveau présents sur ces mêmes plateaux pour tenir les mêmes propos le 6 mai 2007 !
Ce sont les liens rompus avec l'ensemble des réseaux sociaux et la faible implantation du PS qui accroissent la volatilité de l'électorat socialiste, condamnant le PS à faire fluctuer sa ligne idéologique. Cela éclaire aussi les raisons de l'usage intensif des sondages si déterminant dans la désignation interne du candidat socialiste en novembre 2006 : Faute de réseaux puissants irriguant la société, les élites socialistes sont de fait conduites à s'appuyer sur des formes de production non "mobilisée" de l'opinion publique comme les sondages. Ce n'est pas un hasard si la vision socialiste minore de plus en plus toute conflictualité sociale pour se nourrir de travaux sociologiques sur l'individu et les valeurs post-matérialistes - et ce en contradiction flagrante avec l'objet des partis de gauche - qui dessinent des individus "entrepreneurs de leur propre vie".
18:59 Publié dans La gauche demain ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : demain la gauche, retour sur une défaite
01/08/2007
Une proposition de lecture de Sandrine Lemare-Boli
Sarkozy : une présidence qui rappelle certains pays africains
Avec le développement des communications et le prix désormais très accessible des appareils importés de Dubai ou de Chine, les ménages africains, en l’occurrence ceux du Congo, Burundi, Rwanda, etc., sont branchés sur les principales chaînes satellitaires françaises, malgré leurs maigres revenus. Il suffit de parcourir les zones populaires de ces pays pour voir, sur les toits, ces innombrables paraboles capables de capter plus de 2 000 chaînes internationales, dont TF1, France2, TV5... Les élections françaises furent très suivies, compte tenu de l’histoire entre ces pays et la France. Cette dernière représentait pour eux, un secours et un protecteur. Le spectre du génocide du Rwanda, la guerre en République démocratique du Congo, les troubles politiques au Burundi, faisaient croire à ces peuples que la main américaine, à travers ses alliés rwandais, ougandais, œuvrait derrière ces événements.
Une stabilité relative actuelle dans cette région et le processus démocratique n’ont rien enlevé de la suspicion de ces populations à l’égard des Américains et de leur penchant pour les Français. La langue française contribue aussi à cette proximité entre la France et ces pays.
Bien que la candidate socialiste fut de loin la préférée de ces populations, la réalité est devenue tout autre depuis l’intronisation de monsieur Sarkozy à la présidence de la République française. Le personnage fascine les Africains et rappelle les années de gloire des feus présidents tels Mobutu au Zaïre, Eyadema au Togo, Micombero au Burundi, Habyarimana au Rwanda et autres dictateurs toujours en vie comme Bongo au Gabon, Paul Biya au Cameroun, Sassou Ngueeso au Congo, Kagame au Rwanda, devenus, dès lors, démocrates.
suite en lien sur le site originel :http://www.seneweb.com/news/article/11527.php
16:21 Publié dans autre monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Afrique, SARKO, FRANCAFRIC
SITE PARTICIPATIF
Vous pouvez contribuer à ce blog...
envoyer moi note par mail, remarques dans les commentaires, articles... je les mets en ligne !
A vous de jouer... Sandrine ouvre le processus !
korine
15:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : blog participatif

