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01/08/2006
CHERE AMINATA...
Aminata est une lycéenne d'Epinay sur Seine (93). Elle a été expulsée le 28 juillet dernier malgré une mobilisation citoyenne. Un camarade, en colère, ému lui a écrit ces quelques mots que je voulais vous faire partager.
"Chère Aminata,
Je reviens de Roissy d’où tu viens d’être embarquée pour le Mali, encadrée par deux policiers.Tu es arrivée en France en 2002, pour vivre avec ton frère puisque tes parents se séparaient et que ta maman ne pouvait assurer ta subsistance.
Elève au lycée Louise Michel d’Epinay S/Seine, tu viens de réussir ton CAP et tu t’apprêtais à préparer un BEP.
Tu avais déposé une demande de régularisation à la préfecture de Seine-Saint-Denis où tu avais rendez-vous le 16 août prochain pour un examen de ta situation.
Mais tu ne pourras te rendre à ce rendez-vous : le ministre de l’intérieur en a décidé autrement et à l’heure qu’il est, tu voles vers le Mali.Non, Aminata, tu n’es pas une terroriste, tu ne menaces en rien les intérêts vitaux de notre pays, tu n’as commis aucun délit.
Comme des milliers de jeunes, avec tes proches, tranquillement, tu vivais en France où tu comptais réussir ta scolarité, ton parcours professionnel, bref, ta vie.Alors Aminata, sache que nous étions nombreux ce 28 juillet après-midi à Roissy, citoyens, enseignants, membres d’associations, élu(e)s, syndicalistes, pour refuser ton expulsion, pour dire que nous ne partageons pas cette idée d’une république qui chasse les enfants, les jeunes, en plein cœur de l’été, en catimini, pour « faire du chiffre ».
Aminata, cette France-là n’est pas digne de toi.
Yannick TRIGANCE, Directeur d'école, Conseiller municipal d'Epinay sur Seine "
12:50 Publié dans Coup de Gueule | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, jeunes, resf, expulsion, engagement
Commentaires
Merci Corinne d'avoir publié cette lettre.
Il faudrait :
a) qu'un ou plusieurs média(s) envoie(nt) un reporter dans le pays de chaque expulsé, pour rendre compte publiquement de ce qu'il s'est passé après l'arrivée de ces expulsés. Et demande ensuite régulièrement des nouvelles de leur "réinsertion", et sans perdre leur trace.
b) que toutes les écoles qui ont perdu un élève cet été se mettent en grève (parents, élèves, enseignants, etc.) à la rentrèe, jusqu'au retour de ces expulsés. Et qu'elles demandent aussi de leurs nouvelles.
c) pour chaque expulsion, qu'un reporter monte dans l'avion.
d) que tous demandent, par courriel, téléphone, fax, lettre, les points a, b et c aux ministère de l'intérieur, au site de l'UMP, aux médias TV et journeaux, sous l'égide du RESF, pas en ordre dispersé.
http://www.interieur.gouv.fr/
http://www.educationsansfrontieres.org/article.php3?id_article=33
Ecrit par : Patrice Hénin | 10/08/2006

